La Cabane du Clot de l'Aigle offre aux adeptes des raquettes à neige un bien agréable but de randonnée où, bien que nous y ayons trouvé de vieilles traces, nous n'y avons encore jamais rencontré personne. Nous y sommes montés pour la première fois en période hivernale en
mars 2014, les quadriceps de l'Ours s'en souviennent encore. Une deuxième fois en
mars 2016 suite à une chute de neige significative même si elle n'était pas aussi spectaculaire que celle de mars 2014. Pour cette troisième édition bien plus précoce que les deux précédentes par des températures auxquelles nous ne sommes vraiment plus acclimatés et par un enneigement nettement plus pauvre, l'Ours qui nous a maintes fois mis en garde sur l'exposition maximale au risque d'avalanches du Chemin de Ceinture dans toute sa traversée à flanc de la Montagne de Siguret a estimé que, pour une fois, nous pouvions nous y aventurer sans trop prendre de risque car, malheureusement, en l'espèce, nous sommes parfaitement conscients que le risque zéro n'existe pas.
Qu'il soit donc bien clair pour tous que ce n'est pas parce qu'il ne nous est rien arrivé ce jour-là que notre exemple est à suivre, bien au contraire : si l'Ours n'y était jusqu'ici jamais passé alors qu'avec la Marmotte, aussi bien à ski nordique qu'en Télémark, ils ont longuement bourlingué dans tout ce secteur depuis les années 80, il y a peut-être une raison et il m'a dit être certain que ce fut la première et dernière fois car, malgré la relative confiance en son analyse du risque, il n'avait pas pu s'extraire de la vision en boucle
des restes des dégâts infligés à la forêt constatés en juin 2018 sur la gauche du pied du dernier vaste couloir que nous avons descendu pour ensuite rejoindre la Cabane du Clot de l'Aigle par un large balcon boisé des plus cools.
Cette cabane des plus modestes, géographiquement très bien placée à cheval entre le Bois du Grand Lauzerot et celui du Petit, a un charme fou tout particulièrement par fort enneigement comme
en 2014 . Nous y avons une nouvelle fois pique-niqué malgré un froid encore vif et un soleil de plus en plus voilé, histoire de laisser le temps à la Marmotte de suffisamment avancer sur l'itinéraire de son raccourci depuis la Route Forestière de Clot Besson pour reboucler justement par le Bois du Petit Lauzerot, l'alpage et la Cabane de Fumoras, rejoindre la Route Forestière de la Grande Cabane par Paris et la suivre jusqu'au parking d'hiver des Gendres sur lequel le Duster était bien seul à seulement 15h, une première ! qui plus est un dimanche ! faut dire que le thermomètre affichait -2° et -4° à la Montagne; quand on vous dit que ces vieux sont un peu fous !
Il est peut-être également bon de préciser que nous avons débuté cette randonnée par -9°, avec une neige lyophilisée recouvrant à peine dans quelques secteurs des plaques de glace vive. En amont des Casses, les trois skieurs dont nous avons suivi la trace n'ayant pas suffisamment tiré à gauche ont abordé frontalement le talus en aval du sentier classique de Clot Besson, nous obligeant à sortir les griffes pour profiter de leur ravalement que la Marmotte n'a vraiment pas apprécié à sa juste valeur, vu le peu d'envergure du passage l'Ours n'ayant pas jugé bon de lui ouvrir une trace plus accueillante et souhaitant ménager ses quadriceps pour la suite, persuadé à juste titre que le sentier de la Crête du Lauzet dépassé le Chemin de Ceinture serait fort probablement vierge de toute trace.
Bingo, nous n'y avons trouvé que celles des blanchons, chevreuils et écureuils avec une neige certes légère, mais de plus en plus profonde en forêt et même pas croûtée dans les couloirs traversés. Arrivés à la verticale de la Cabane du Clot de l'Aigle l'Ours, désolé de ne pas avoir encore eu l'occasion de croquer un premier panoramique, m'a invitée à poursuivre un peu plus loin jusqu'à un espace un peu plus dégagé et c'est ainsi que, pris au jeu de fil en aiguille, nous sommes allés virer beaucoup plus au Sud que prévu.
Vu les températures ambiantes, la neige étant restée bien sèche tout au long de cette randonnée, nous pensons en avoir bien profité tout au long de ce circuit qui, quoique bien connu, nous a encore beaucoup plu, la Marmotte particulièrement satisfaite de cette agréable reprise.