La
Tortueuse voie directe S-W de Pascal Sombardier au Pic de Morgon (
Article du 28 Mai 2023 sur son très riche et précieux Blog) est déjà une très singulière et bien belle aventure, le retour par la fort sympathique et particulièrement colorée crête Sud-Ouest de son cirque pour revenir par la somptueuse Traversée des Ortals en fait une inoubliable épopée pour laquelle l'Ours n'a pas hésité à se doter des meilleurs moyens pour la mener à bien :
- après s'être assuré en solo en
octobre 2022 que j'étais capable de revenir par cette fameuse traversée dorénavant bien marquée sur la
carte de chaleur de STRAVA, ce qui en dit long sur sa fréquentation et sa notoriété en aussi peu de temps, nul doute que si ce n'est pas déjà le cas elle est en passe de devenir à juste titre une des classiques de ce prestigieux sommet, sans pour autant risquer la sur-fréquentation vu l'engagement qu'elle requiert.
- tandis que pour la Tortueuse voie directe S-W, compte tenu de nos grands âges et de ses ennuis de santé, il a jugé plus prudent de faire appel aux services et compétences du
GHM Sylvain AUDIBERT en formant le vœu qu'ainsi envisagée j'accepterai de me joindre à eux pour cette aventure hors-norme pour moi en raison de mon manque d'expérience en l'espèce et de bien lui préciser :
- tu sais combien je suis peu véloce dans les ascensions hors sentier, que j'ai la trouille lorsque c'est vraiment gazeux, que je vais beaucoup vous ralentir à la montée et que je souhaite prendre le temps de regarder autre chose que mes pieds dans la Traversée des Ortals, donc nulle envie de devoir y courir !
- mais Hélène ! à la montée nous serons encordé(e)s donc ton rythme sera forcement le nôtre et pour le retour par la Traversée des Ortals, j'ai bien précisé à Sylvain que je n'arriverai à te convaincre que si nous y allions par une belle journée de septembre et que nous prenions tout le temps qu'il faut pour bien profiter de cette aventure même s'il risquait de s'y ennuyer; et de me répondre :
- bien sûr qu'il ne faut y aller qu'avec une bonne météo et envisager la journée, j'adore le Pic de Morgon et ne risque pas de m'y ennuyer, envoyez-moi votre
projet et je vous tiens au courant des modalités pratiques.
Le jour J, arrivé(e)s au parking obligatoire des Hugues, Sylvain nous informe qu'en laissant sa carte professionnelle en évidence sur le tableau de bord du Duster, nous pouvons continuer sur la piste sylvopastorale jusqu'au parking du Col du Morgonnet sans le risque d'être verbalisés, une aubaine vu l'heure à laquelle nous y arrivons (9h16).
L'Ours chaussé, bâtons de marche réglés, les sacs ajustés sur le dos, c'est d'un pas allègre que nous franchissons le Col du Morgonnet pour emprunter le sentier qui court sur la croupe de plus en plus raide et escarpée jusqu'au départ du Sentier des Traverses, moi suivant le rythme de Sylvain bien trop rapide pour mes courtes pattes, l'Ours derrière jusqu'à ce que déjà en nage et forcée de décrocher, je me décide à m'arrêter pour quitter ma polaire :
- Hélène, connaissant nos habitudes, jusque-là tu étais en surmultipliée, Sylvain est là pour s'adapter à notre rythme et pas l'inverse, si tu continues comme ça, de toute manière, tu n'arriveras pas à le suivre et lui ne peut pas s'adapter au nôtre et ainsi tu compromets la suite en multipliant les chances d'arriver déjà sérieusement fatiguée au bas de la voie ! laisse-le filer devant et monte à ton rythme habituel, si tu es là c'est pour en profiter et non pour une quelconque "compet" perdue d'avance !
C'est donc avec un certain retard que nous avons rejoint Sylvain, matériel d'encordement sorti, consultant son SM, confortablement installé dans l'emplacement du bivouac sous roche pile poil à la division en deux du sentier avec à gauche le départ du
Sentier des Traverses (août 2022) et à droite la sente longeant le pied de la première barre rocheuse jusqu'au départ de cette fameuse voie directe, un peu le rêve de la fin de vie de notre cher plantigrade.
Et de me trouver ainsi quasiment raccord avec le début de notre
diaporama nous paraissant suffisamment commenté pour que je puisse arrêter ici le récit de cette aventure que nous ne risquons pas d'oublier tant que nos neurones nous le permettront.
En conclusion : une fois de plus l'Ours a eu raison, je n'avais pas besoin de l'accompagnement d'un GHM pour la Traversée des Ortals, je peux même aller jusqu'à estimer qu'en définitive, compte tenu de l'exposition, de nous trois c'est bien lui qui a assumé le plus grand risque en négligeant d'y porter un casque. Certes dans une ambiance autrement moins prestigieuse, nous avons accepté une exposition au risque technique bien supérieur lors de notre impromptue traversée de la
Crête des Charances en juillet dernier et pour ce qui est de la voie directe S-W, notre encordement entre 10h50 et 11h30 s'est limité à 140m et +80m sur les 940m et +370m, variante de l'Ours comprise. Voie tortueuse mais au combien spectaculaire et instructive ! certes très exposée mais d'une faible technicité, la principale difficulté à ne surtout pas sous-estimer nous paraît bien résider dans le suivi de son l'itinéraire.
Solennel avertissement : l’Ours avait connaissance de l’article de
Mick1018 et Vertige66 sur Altitude Rando, mais à l’époque n’avait pas regardé les vues illustratives de leur aventure. Ce n’est qu’à la suite d’un échange par courriels avec Pascal Sombardier que ce dernier lui en a rappelé l'existence, nous conduisant à compléter le compte-rendu précédent par ce possiblement salvateur débriefing, ledit article prouvant que la variante de Sylvain AUDIBERT n’était en rien une première tandis que la sangle d'ancrage de leur rappel n’est plus en place sur le
pin cité.
Alors que nous en avons vu deux plus en amont autour du pied d’un gros pin (qui semble prouver qu’il y en aurait eu d’autres qui ont dû renoncer !?) plus à droite un peu en aval de la sente en très étroite vire à chamois ascendante que nous avons suivie. De loin la portion la plus délicate et exposée de toute la voie et sur laquelle l’encordement ne peut offrir qu’une sécurité psychologique car dépourvue de tout point d'encrage et bien évidemment de main courante où un supplément sécuritaire pour les plus craintifs ne peut guère provenir que de l’utilisation d’un piolet ! succession de bandes semi-rocheuse de 20 à 30 cm de large sur lesquelles tout faux pas peut s'avérer fatal. Alors si vous n’êtes pas candidat au suicide et pas suffisamment sûr de votre technique alpine adaptée à ce type de terrain, ne vous aventurez pas dans cette traversée étant bien entendu qu’il s’agit d’un itinéraire pour montagnard aguerri et en rien d’une voie d’escalade moderne. Aucune voie aussi originale et somptueuse soit-elle ne mérite qu’on y perde la vie ! non ?
Nota Béné : pour pallier à notre frustration d'avoir dû nous passer de la découverte de l'arche-tunnel mentionnée par Pascal Sombardier, nous y sommes allés le
13 octobre 2024.
Sauvegarde de la référence du Fichier GPX original :
Trace de l'Ours (2024-09-19 09:16:15 [Suunto App])