Montagne d'Aujour, enfin ! en effet, c'est avec une insistance non dissimulée que je sollicitais l'Ours pour qu'il me fasse découvrir tout ce que j'avais raté lors de notre précédente visite en juin 2018 en compagnie de la Marmotte et notre ami Pascal (également à revoir sur Pacou-Randos). En ce jour de transit vers notre villégiature à l'Hôtel le Céans pour une nouvelle semaine en ce lieu idyllique, les prévisions météo nous laissant espérer une matinée relativement clémente et sans précipitation, nous avons tenté de nous approcher au plus près en Duster, arrêtés dans notre élan par une interdiction formelle de continuer au-delà du Col de Peyssier pour protéger autant qu'il se peut le site de son Lac même si ce dernier est artificiel ! ce qui a bien allongé la distance à parcourir sans augmenter au-delà du raisonnable son faible dénivelé cumulé, l'essentiel du jour étant l'exploration des principales originalités de cette montagne vraiment pas mises en valeur par son unique sentier balisé, dommage !
Nous avons donc tracé au plus court depuis le Col de Peyssier par la route encore carrossable pour les ayant-droits du Gîte des Oustaus en rive droite du Torrent homonyme, pour ensuite passer par les Gourps pour cette vue et poursuivre en restant le plus à flanc pour éviter le plus possible de nous embourber jusqu'aux oreilles dans le quasi marécage des 2 rives du Torrent de Maraize où, ce jour-là, les bottes auraient été mieux adaptées que nos chaussures de randonnée. C'est dire combien nous avons apprécié de nous élever rapidement une fois le GR 94 rejoint, abandonné plus haut au profit du sentier balisé précédemment évoqué. Il trace une ligne directe ascendante sur la croupe Sud-Ouest du Bois des Fauvies, ses créateurs n'ayant pas la moindre notion d'un agréable sentier en lacets ! sans s'en plaindre, puisque nous étions pressés d'arriver au bas du premier site à explorer, cette fois-ci l'Ours souhaitant visiter le chaos rocheux en aval du pseudo-plateau étrangement faillé qui fait penser aux crevasses d'un glacier avant sa chute de séracs. Sur le flanc Sud, on trouve un chaos de gros blocs enchevêtrés qu'il suffit de franchir pour rejoindre la croupe Est d'où ils sont plus épars au milieu d'un vaste pierrier haché menu où leur émergence ne peut être que le résultat d'une érosion, facilitant grandement notre progression dans la combe Nord-Est en amont de la Grande Sapie. Nous n'avons évidemment pas pris le temps d'en effectuer une visite complète après notre exploration de 2 premières failles parmi les plus hautes car l'Ours, n'étant pas certain de notre capacité à grimper jusqu'au plateau supérieur, souhaitait que nous conservions une marge de sécurité suffisante si nous devions revenir sur nos pas ! même si, vue de plus bas, il a repéré au milieu de la falaise une faille plus ouverte et moins profonde, certes assez raide mais nous permettant de surmonter relativement facilement la difficulté sans avoir à poursuivre jusqu'à la dernière plus large et plus cool en longeant le pied de la grande barre Nord qu'il avait repéré sur la vue satellite sans être pour autant certain de sa viabilité; ce dont, une fois le plateau rejoint, nous avons bien pris soin de nous assurer en longeant le bord de la falaise jusqu'à sa verticale après avoir parcouru et observé ce que nous pensons être les failles les plus significatives de tout ce secteur.
La météo paraissant encore clémente, nous avons eu le temps d'effectuer une nouvelle visite détaillée de la célèbre faille de cette montagne, nous réservant la surprise d'y trouver un récent et important éboulement dont la dispersion des blocs écroulés à bonne distance de son pied où la logique de la gravité aurait dû les entrelacer, conduisant l'Ours à penser qu'il ne peut s'agir que du résultat du processus explosif d'un gros coup de foudre sur une fissure pré-existante remplie d'eau, effet quasi instantané d'une brutale vaporisation tout aussi efficace qu'une importante charge de TNT, voire pire, la preuve !?
La barre rocheuse de sa rive gauche facilement franchie grâce à l'équipement de sa principale vire avec une main courante (encrages et corde en excellent état !), nous l'avons suivie jusqu'à ce que l'Ours trouve le moyen d'y descendre en espérant la remonter par le fond, jusqu'au pied de l'escalier infranchissable nous ayant empêché d'en faire de même par l'amont, sauf qu'il a été relativement vite arrêté par un impressionnant entrelacs de gros blocs humides et glissants le dissuadant d'en tenter l'exploration de toutes les anfractuosités.
Heureusement ! car, bousculé par l'arrivée en rang serré des nuages, nous avons eu tout juste le temps de passer par le sommet, poursuivre sa crête Ouest jusqu'à son raccourci, revenir par le pied de la falaise jusqu'à un abri sûr pour notre pique-nique, couper au plus court pour rejoindre le GR 94 suivi jusqu'au collet coté 1475m, d'où l'Ours a été bien inspiré de me proposer de continuer l'aventure par le Serre de la Chabanne (excellent raccourci évitant l'importante zone marécageuse du matin) où nous avons quand-même eu droit à une petite averse, pour terminer par le long retour au Col de Peyssier. En conclusion : petite randonnée assez sportive, pleine de curiosités dont nous sommes friands, à refaire par une meilleure météo et un sol plus sec.
Référence du fichier GPX original : 2024-05-18 07:05:41 [Suunto App]
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