La Bosse cotée 2259m sur la crête Sud-Ouest de Pierre Pointue à celle de l'Arpion : ENCORE ! eh oui ! après : février 2014 (la plus emblématique!), janvier 2015, janvier 2016, janvier 2018, décembre 2018, décembre 2019, octobre 2020, janvier 2021, ça commence à faire un peu beaucoup, NON? même s'il est bien connu que lorsqu'on aime on ne compte pas !
Il est cependant quasi certain que sans la tragique avalanche meurtrière du vendredi précédent (le 23 février 2024) qui suite à une rupture de plaque a balayé la classique petite combe Est sous la Crête de l'Arpion, nous n'aurions pas rendu publique cette fiche sur VisuGPX mais comme la conjonction d'une météo défavorable et de l'urgence de l'intervention n'a pas permis au PGHM de Briançon d'en illustrer sa publication par quelques photos sur data-avalanche, nous avons cru bon d'apporter notre maigre et distante contribution susceptible d'enrichir la base de données, ô combien précieuse, pour constamment rappeler que quelque soit l'émerveillement et l'attrait que procure les montagnes enneigées, le risque y est d'autant plus important.
Le climat change tellement vite que c'est bien la première fois que nous pouvons partir du parking du Mont Guillaume au mois de février. Le peu de neige même pas gelée au départ nous a naturellement conseillé de partir en direction de la Melzerate pour, de suite après, couper au plus court pour la directissime Sud-Est de Pierre Pointue qui n'a plus aucun secret pour notre Ours qui trace à la cadence d'un métronome, même si ses pas se font un peu plus courts au fil des ans et tout particulièrement ce matin-là : neige mouillée, puis légèrement croûtée dans les portions horizontales non ombragées qu'il s'est empressé de traverser pour aller se réfugier sous les arbres pour un manteau moindre et profiter d'un relatif tassement assuré par les impacts des pâtés tombés des branches limitant quelque peu son enfoncement avant qu'il ne devienne bien plus conséquent dans la plus forte pente, les mélèzes y étant plus clairsemés et la neige de plus en plus abondante, de 60 à 80cm suivant le test du bâton à notre arrivée sur la croupe en amont de la coupe blanche que nous avons soigneusement évitée, le vent ayant eu un relatif effet de damage qui nous a bien aidé pour en sortir à la toujours féérique clairière au début de cette fort sympathique crête large et sublimement vallonnée constituant un terrain de jeu idéal en pareille circonstance; sauf que ce matin-là, une fois notre panoramique aire de pique-nique adossée à un rocher plein Sud aménagée, même sans le poids de nos sacs, la suite s'est avérée tout aussi laborieuse dans une neige certes un peu moins humide mais très loin de la belle poudreuse tant espérée. Alors c'est les quadriceps en feu à la limite des crampes que nous avons dit basta sur la bosse cotée 2259m, très satisfaits d'être arrivés, même s'il est dommage que nous n'ayons pas pu aller observer les restes de cette fameuse avalanche de plus près.
Nos observations terminées, il était grand temps de rejoindre notre aire de pique-nique et de constater à mon plus grand étonnement que l'Ours s'appliquait à suivre notre trace de montée tandis que je coupais au plus pentu !
- si tu veux te ruiner les guiboles tu n'as qu'à continuer comme ça !
- si maintenant je ne peux même plus m'amuser à la descente alors que c'est pour ça que je monte !
- ô mais ! il s'agissait d'un amical conseil, si tu penses tenir le coup jusqu'au parking, surtout ne t'en prive pas !
Sauf que j'ai vite compris qu'une fois de plus son expérience n'était pas une légende et suis sagement revenue dans la trace, pour définitivement enterrer mon souhait du tout schuss habituel jusqu'aux cabanes de l'Aiguille et même jusqu'à la route forestière de Clot Jarry lorsque les conditions s'y prêtent.
C'est ainsi que pour la première fois depuis que je pratique la randonnée en raquettes, nous sommes revenus au départ au rythme de la Marmotte par la trace de montée sans en couper le moindre lacet. Sauf sous la route forestière des Fontaniers où la neige du matin était en lambeaux, c'est tout juste si en louvoyant nous avons pu garder les raquettes aux pieds jusqu'aux derniers 20 m du parking sur lequel le Duster était quasiment en surchauffe : 19° à Embrun, autorisant notre traditionnel petit goûter sur le muret de l'abri d'accueil et de renseignements du site. En conclusion : la Marmotte ravie-enchantée de sa première randonnée en raquettes de la saison et fière de sa prestation, pour nous ce fut un peu plus mitigé le plaisir n'ayant pas été proportionnel à l'effort consenti et à l'idée que je m'en étais fait pour, au retour sur Embrun, exprimer notre satisfaction d'être encore capable de profiter pareillement d'une journée de plein air en montagne sans voir la moindre trace humaine à plus de 200m (en linéaires!) du parking.
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