Clot Jarry : suite à une improvisation dominicale au rythme de la Marmotte pour pallier à notre incapacité à effectuer la
randonnée prévue à cause de la totale destruction de la Route Forestière supportant les GR 50 et 653D dans sa traversée du Bramafan suite au déluge de la fin de l'automne dernier, rives affouillées sur environ 2 m de haut rendant l'accès au lit du torrent particulièrement délicat et débit trop important pour une traversée à pied sec au milieu d'un impressionnant chaos sur une largeur d'environ 50 m, en témoignage de son incroyable force destructrice en pareilles circonstances.
Jusque-là, à l'altitude de notre transit, nous n'avions pas vu d'autre blanc que celui du sabot bondissant des chevreuils. La Marmotte ayant exprimé en plusieurs endroits combien la découverte de ce très bucolique itinéraire aussi près de chez nous lui offrait une agréable surprise, l'improvisation suivante, sous le regard moqueur de l'Hivernet tout de blanc vêtu, rayonnant de splendeur sous le ciel bleu marine des Hautes-Alpes, fut une alternance en forme de peau de léopard de paillassons herbeux ponctués de quelques zones humides d'eau courante dans les clairières, de moquettes en aiguilles de mélèzes, de tapis de feuilles de noisetiers et de plaques neigeuses portantes à contourner quand elles étaient trop glacées pour nos semelles, ces dernières se densifiant au cours de notre ascension pour quasiment s'uniformiser en amont de Clot Jarry et de la Melzerate autorisant les skieurs les plus téméraires à ne devoir déchausser qu'à une courte encâblure du parking du Mont Guillaume accessible en voiture malgré le non déneigement de sa route d'accès.
A moins que vous trouviez plaisant le 110m haies en 4 rangs de fil de fer barbelé, notre trace de descente dudit parking jusqu'au Canal de Jaffueil est à déconseiller, est-ce vraiment nécessaire de préciser que la Marmotte a adoré !?
Même si elle a profité de l'occasion pour se faire administrer une piqure de rappel des fondamentaux en science nivologique suite à sa remarque :
- je ne comprends pas, la neige est bien plus glacée ici dans ces vastes champs plats alors qu'ils sont bien mieux exposés et à une altitude moindre que par où nous sommes montés !?
- pourtant, que ce soit à ski ou en alpinisme nous en avons suffisamment fait l'expérience : la température ambiante n'est pas le principal facteur dans le regel nocturne, loin s'en faut, sinon comment se ferait-il que la neige puisse geler très fort même à des températures de l'air et du sol positives ? tout simplement parce que c'est son très puissant rayonnement infrarouge nocturne qui en est la cause principale, d'où la célèbre sentence de nos ancêtres : "toute neige qui voit les étoiles gèle !" n'importe où, même en été !
- OK, je n'avais pas oublié vu le nombre de fois où tu m'as resservi le dicton de ton grand-père, mais pourquoi plus fort à plat que dans la pente où elle voit également les étoiles ?
- simple histoire de surface apparente : pour faire simple si je prends un carré de 5x5, il a évidemment une surface apparente de 25 horizontalement, mais de seulement 15 incliné à 30°, 12,5 à 45° et 10 à 60° donc, encore plus simplement, si une surface horizontale a un rayonnement infrarouge de 100 à l'horizontale il n'est plus que de 60 à 30°, 50 à 45° et 40 à 60°, CQFD ! d'où les différences observées qui n'ont rien d'anecdotique.
Pour, à peine quelques dizaines de m plus bas en versant encore mieux exposé, découvrir toute une zone d'alpage d'un impressionnant vert printanier, suite à cette étonnante succession de nuits sans gel nocturne pour un mois de janvier, ce qui ne présage rien de bon pour l'avenir végétal dans son ensemble ! le réchauffement climatique n'est plus une fiction.
Pour conclure, nous avons occupé la journée comme nous avons pu et c'était bien suffisant.
Nota bene du 26 février 2024: l'Ours vexé de ne pas avoir eu le réflexe de photographier avec son SM
les dégâts du Bramafan leur ayant barré la route, s'est rattrapé
le 2 février.