Entre Piniers, 3044m, le point culminant de la dorsale peu échancrée qui relie le Petit Pinier à son Grand Frère également nommé Pic Brun, ligne de partage des eaux entre la Durance et l'Isère, ne dévoile
son élégante silhouette qu'aux terriens qui ont la chance de pouvoir rendre visite au
Tuba et au
Petit Pinier; d'où il offre la plus inattendue et douce perspective au contraste saisissant dans un environnement partout ailleurs autant austère que pentu. En effet, depuis le virage sous le Petit Pinier, la découverte de
sa combe sommitale offrant cette
majestueuse arrivée au sommet, ski aux pieds, suffit à expliquer son engouement pour les randonneurs à ski aguerris et sûrs de leur technique par le Vallon de Chabrière depuis Prapic, n'hésitant pas à négocier leur trace
entre barres rocheuses et pentes avalancheuses pour savourer le graal que doit susciter la descente d'une
pente de rêve, sous le regard narquois de l'imposante pyramide du Petit Pinier, avec la petite dose d'adrénaline inhérente à l'idée de ce qui les attend plus bas.
Ce sommet, très prisé par les skieurs en quête d'aventure, l'est beaucoup moins des randonneurs pédestres (puisque très peu documenté sur Internet en dehors d'Altitude Rando par grosso modo la trace des skieurs côté Prapic !?) ne doit pas voir grand monde en saison sèche. En effet notre recherche d'une documentation sur Internet d'un itinéraire pédestre depuis Dormillouse est à ce jour restée vaine, ce qui a évidemment motivé l'Ours pour m'en faire la proposition suite à mon souhait de retourner rendre visite à cette multitude de micro-lacs au milieu d'incroyables polis glaciaires par où l'Ours nous avait, Monique et moi, fait passer en redescendant du Grand Pinier en
août 2015 et qui m'avait ô combien séduite suite à mon inoubliable aventure de
mai 2013.
- OK ! m'avait-il répondu mais, à y être, si nous tentions l'Entre Piniers pour compléter notre trilogie, même si ce doit être une sacrée bambée !?
D'où toutes ses recherches pour finir par me soumettre son
projet entièrement improvisé faute de mieux et m'indiquer :
- jusqu'au franchissement de la croupe à environ 2860m, en aval de la cote 3021m au Sud-Ouest du Col Bidou ou du Fond du Lac, ce devrait être aussi tranquille que ce que nous connaissons déjà; par contre le pierrier qui suit, l'ancienne moraine à franchir, la pente terminale d'accès à la crête et son suivi jusqu'au sommet me sont inconnus : impossible d'obtenir une sérieuse idée de leur état à partir des seules vues satellitaires, tout ce que je peux en dire c'est que la pente maximale n'excèdera pas les 30-40° sur même pas 50m de dénivelé, juste sous la crête à rejoindre avant l'accès au sommet qui comporte une partie rocheuse finale de faible pente !
BINGO ! difficile d'anticiper une analyse aussi précise ! BRAVO l'Ours d'autant que ça n'enlève rien au côté aventure de l'entreprise puisque, moins inquiète je n'en apprécie que mieux l'exécution en tous points conforme aux prévisions. Même si trempé(e)s jusqu'à mi-cuisses après les pluies torrentielles de l'orage de la nuit, la tête dans une épaisse brume dès le sentier de la Cabane de Palluel abandonné l'Ours, en pilotage automatique, se moquant pas mal de son projet sur mon SM m'a concocté un accès encore plus direct que prévu jusqu'à en sortir avant la vue sur le Lac Palluel avant de mettre le cap sur Clamens avec la traversée directe de son très ancien lac sur une adorable pelouse alpine, il serait grand temps que l'IGN se décide à réactualiser ses cartes Top 25, parce qu'il y a fort à parier que même Charlemagne l'aurait également traversé à pied sec !?
Résultat, les quelques blocs erratiques et les affleurements de grands polis glaciaires sont globalement entourés d'un confortable gazon nous offrant une ô combien confortable progression nous permettant d'effectuer notre pause-ravitaillement dès 9h après 1200m de grimpette. La suite, bien qu'un peu plus chaotique, est un véritable enchantement pour ceux qui aiment particulièrement ce rare décor de polis glaciaires hauts en couleur parsemés de micro-lacs.
Quant à nos inconnues :
- le fameux pierrier à traverser n'excède pas les 150m de large au plus étroit, constitué de blocs moyens relativement stables il se traverse aisément sans se fracasser les chevilles,
- la moraine, en suivant un vieil Ours expérimenté qui sait en trouver les points faibles plus terreux que pierreux, se franchit également sans grande difficulté, surtout lorsqu'on peut encore mettre à profit les névés restants pour traverser la combe qui la sépare du pied de la pente en aval de la crête à rejoindre,
- c'est d'ailleurs en voulant tirer le meilleur profit de la dernière bande de névé qu'il a choisi de monter plus à gauche que prévu, m'embarquant dans une pente de plus en plus raide; heureusement pour moi qu'en terrain aussi humide il a su me tailler des marches avec les pointes de ses deux bâtons pour le final,
- la crête se poursuit facilement jusqu'au bastion final constitué de blocs entièrement explosés bien qu'en excellent granit, reposant sur le traditionnel empilement d'assiettes en roche pourrie si caractéristique de l'Embrunais au sens large, côté Freissinières et d'une incroyable dalle d'un très ancien poli glaciaire dont on se demande vraiment comment il a bien pu arriver ainsi, presque à la verticale, aussi près du sommet côté Prapic.
- à la vue de cette arête, bien que pas très effilée et peu pentue, j'ai cru bon devoir en rester là, le temps que, comme d'hab. l'Ours poursuive sa première visite exhaustive de ce sommet somme toute assez peu individualisé du côté du Grand Pinier en quelque sorte !
- le retour de la crête au creux de la combe de l'ancien glacier a été plus aisé que je ne le craignais toujours grâce à l'humidité du sol, je n'aimerais vraiment pas la refaire par temps très sec !
- les 2 névés successifs en fond de combe ayant facilement agrémenté sa descente jusqu'à sa rive gauche quasi horizontale nous permettant de rejoindre assez facilement le haut de la barre rocheuse d'où l'Ours a encore parfaitement négocié un itinéraire empruntant au maximum les polis glaciaires pour rallier, moyennant une petite remontée d'une dizaine de m, la dernière épaule cotée 2812m permettant de retrouver le vaste cirque en aval du Col Bidou où nous avons retrouvé notre providentiel terrain de jeu, traversé de part en part suivant une judicieuse diagonale véritable belvédère du Lac Faravel et son intimidant vallon.
- du coup nous avons jugé inutile d'aller le voir de plus près et opté pour le retour le plus direct possible tout en nous réservant de boucler par Peyrourasses et le sentier de retour du Lac Faravel, cette somptueuse journée étant suffisamment conséquente pour nous.
Pour plus de détails visualisez le diaporama commenté du jour en cliquant sur son lien.
En conclusion : longue, sauvage, exigeante et très dépaysante randonnée qui nous avons bien aimée.
Les articles trouvés sur Internet :
Article-1 :
Altitude Rando
Article-2 :
Altitude Rando
Article-3 :
Ski Tour d'où sont issus les liens sur toutes les photos de neige dont nous ne pouvons qu'
infiniment remercier les auteurs.