Le Glacier Blanc ! je n'ai eu qu'à évoquer devant l'Ours le souhait de ma fille Sylvie de revoir ce glacier mythique des Hautes-Alpes en précisant que j'y étais montée pour la première fois avec mon amie Colette seulement en 2004 puis retournée justement avec Sylvie en 2010 et qu'elle gardait de notre expédition dans un tel milieu totalement inconnu un tel souvenir qu'elle aimerait énormément réactualiser et d'ajouter que moi aussi ça me plairait bien d'y retourner, pour susciter le commentaire suivant :
- rien de plus facile ! si je refuse d'y aller en pleine saison car la surfréquentation y est bien trop importante, avec l'arrière-saison que nous avons c'est le bon moment pour y être à peu près tranquilles d'autant que, moi aussi, je n'y suis pas retourné depuis notre expédition de la
Traversée du Dôme de Monêtier avec la fine équipe de Daniel à l'époque au CAF d'Embrun, c'était en juillet 2011; et c'est bien pire pour la Marmotte qui, après l'avoir découvert en touriste avec ses parents en 1966, puis en apprentie alpiniste en école de glace avec l'UCPA du Monêtier en 1969, en cordée autonome avec moi jusqu'au Dôme des Ecrins en 1976 et 10 ans après en skis alpins avec Jean-Lou Botta, GHM, au cours d'un raid de 4j pour un des ponts de mai, ce fut :
- J1 - du tunnel de Pelvoux au Refuge du Glacier Blanc,
- J2 - l'Antécime skiable de Roche Faurio, Refuge des Ecrins,
- J3 - Dôme des Ecrins, Refuge du Glacier Blanc,
- J4 - nous devions effectuer la Traversée du Dôme de Monêtier et retrouver nos voitures à Pelvoux mais le temps mis par la Marmotte qui n'a jamais été très performante conjugué avec le rapide réchauffement du manteau neigeux nous promettant une galère sans nom si nous persistions, au Col du Monêtier, d'un commun accord, nous avons préféré profiter des conditions de skiabilité encore acceptables pour descendre agréablement directement par le Glacier homonyme et le Vallon du Grand Tabuc au Monêtier où la compagne de l'époque de Jean-Lou est venue depuis Plampinet nous récupérer et nous convoyer jusqu'à nos véhicules, le tout suivi d'un mémorable retour à Toulon en version rallye afin que notre ami Michel ne rate pas son train de nuit pour Paris, ouf !
La Marmoote n'y est pas retournée depuis !
- ce qu'il y a de bien avec toi c'est qu'on a toujours droit à tous les détails !...
Et de me faire charrier et corriger lorsque naïvement j'ai osé exprimer ma satisfaction de voir pour la première fois la Barre des Ecrins d'aussi près : eh oui ! en présence de cet énergumène, j'aurais dû préciser la
"Face Nord" de la Barre des Ecrins car, effectivement, vérification faite, à vol d'oiseau nous en étions bien plus près depuis la moraine du
Glacier de Bonne Pierre et depuis les abords du
Refuge de Temple Ecrins lors de notre long séjour à la Bérarde en août 2019 ! Que voulez-vous ! je préfère évidemment la scintillante blancheur de sa Face Nord aux austères murailles de ses autres faces !
Les 3000m dépassés, le panorama ne pouvant être meilleur, j'ai pris le temps de m'asseoir et de profiter du spectacle avant de me décider à repartir en effectuant une petite boucle supplémentaire, de contemplation paraît-il ! sauf qu'il est bien le seul à pouvoir ainsi divaguer à son gré en pareil terrain sans avoir à trop regarder où poser les pieds, alors tant pis si la Marmotte a dû patienter jusqu'à 13h30 pour nous attendre au Refuge du Glacier Blanc; pour une fois où elle était en bonne compagnie, j'ai décidé de la rejoindre à mon rythme ! le seul bémol étant que partis de bonne heure et de retour dans le Vallon du Glacier Noir alors que le soleil avait malicieusement disparu derrière la Bosse de la Momie, nous n'avons jamais eu droit au véritable flamboiement des couleurs d'automne qui étaient pourtant bien au rendez-vous.
Malgré tout, au retour, le festival s'est poursuivi jusqu'à Vallouise et nous étions tous les trois ravis enchantés de ce retour aux sources de l'histoire alpine; même si certains d'entre vous ne manquerons pas de s'étonner de notre itinéraire :
-quelle idée d'autant persister dans un tel dédale de caillasses alors que le glacier fraîchement repeint en blanc aurait tant simplifier leur progression ?!
Objection sûrement vraie pour des alpinistes confirmés mais pas pour moi compte tenu de ma laborieuse initiation au cramponage sur glace de
juillet 2014 et ce d'autant plus que nous ne voulions absolument pas alourdir nos sacs avec les crampons d'une part et que, d'autre part, il est évident que le nez au niveau d'un plateau glaciaire aussi plat à cette altitude nous n'aurions pas bénéficié d'un aussi beau panorama.