La
Tête de Girardin, 2876m, est le point culminant de la crête qui, du Col Tronchet, 2656m, à l'Est et du Col Girardin, 2699m à l'Ouest, ferme la vallée de Ceillac au Sud et sépare les eaux entre l'Ubaye et la Durance, tout comme les départements des Hautes-Alpes et des Alpes de Haute-Provence. Si son accès à partir de son col homonyme s'apparente à une simple promenade (sur une crête panoramique particulièrement facile que ce soit en suivant son confortable sentier ou en restant toujours au plus près de son fil large et pour nous encore plus agréable tant pour la vue que pour le confort de nos ripatons), il n'en va pas de même depuis le Col Tronchet : crête particulièrement accidentée, beaucoup plus rocheuse en rocher assez pourri, formellement déconseillée aux randonneurs même alpins qui ne seraient pas suffisamment sûrs de leur technique.
Même si l'Ours aurait à plusieurs reprises bien aimé aller voir ça de plus près, il ne s'en est jamais réellement donné les moyens, pourtant ce n'est pas faute d'en avoir bien observé la faisabilité depuis le sommet la dernière fois où nous y étions montés le
6 septembre 2015, dont il en avait conclu que, si c'était réellement trop technique, il y aurait toujours la possibilité de revenir emprunter le pierrier du couloir des skieurs qui, s'il est sûrement infernal à monter, devrait se descendre sans souci majeur ? simple question d'équilibre, paraît-il !
Me souvenant très bien de la discussion qui s'en était suivie entre Pascal et lui à ce sujet lorsque, lui ayant exprimé le souhait de retourner sur cette célèbre Tête de Girardin et que, profitant de l'indisponibilité de la Marmotte, il m'a proposé son
projet, même s'il avait bien pris soin d'y présenter cette traversée en forme de bonus, j'ai tout de suite craint le pire et sans attendre lui ai renouvelé mon absolu refus de m'engager dans cette aventure sans la garantie que nous ne tentions pas le raccourci en question.
- non mais, attends Hélène ! je ne suis pas encore suffisamment fou pour imaginer tenter l'accès direct à la Tête de Girardin en remontant ce couloir, si je devais y passer un jour ce serait seulement à la descente. Alors c'est en toute connaissance de cause que j'ai justement choisi de commencer par le Col Tronchet pour ensuite, si nous décidions de ne pas nous priver du plus qu'apporte toujours le passage par un sommet, d'y monter par sa bien plus tranquille crête Sud que je n'ai jamais pratiquée mais pour laquelle tu as fait bien pire sans le moindre souci en montant par la crête Nord-Ouest de la Tête de Favière la dernière fois, sachant qu'ensuite nous économiserons nos genoux en descendant par le confortable sentier du Col Girardin.
- OK, c'est bon puisqu'il paraît que la perturbation d'aujourd'hui va s'évacuer rapidement par l'Est cette nuit et que demain ce sera le grand beau toute la journée, nous n'avons qu'à partir très tôt pour bien en profiter !
Sauf qu'en prenant l'Ours à Embrun le ciel était bien sombre, qu'en arrivant à Ceillac le pare-brise de ma Panda recevait ses premières gouttes et que je me garais au parking du Fond de Chaurionde sous une pluie fine et continue; de toute évidence la perturbation s'attardait plus que prévue sur ce fond de vallée.
Après avoir attendu un bon quart d'heure à l'abri dans la Panda, je proposais qu'à être venus jusque-là nous pouvions à minima monter jusqu'au Lac Ste-Anne. L'Ours qui, ce matin-là, n'avait visiblement pas envie de se mouiller l'échine, après un profond soupir :
- alors je te propose de monter au plus court par la piste de ski pour aller s'abriter à la Chapelle Ste-Anne et nous redescendrons par le sentier, il sera moins traumatisant pour nos genoux.
Tous le reste est suffisamment détaillé dans notre diaporama dont le lien est au-dessous de la carte sur cette fiche pour que j'y ajoute mon grain de sel. Sinon peut-être pour noter combien est encore vif le souvenir de l'hallucinante volée de bois vert qui lui a été administrée lorsqu'il est revenu à l'ancien poste optique pour le pique-nique, pour avoir soi-disant bafoué les règles les plus élémentaires de la bienséance en osant nous proposer la variante de la crête Nord-Ouest de la Tête de Favière en 2015 pour satisfaire ses seules ambitions. Le pauvre, lui qui est toujours aussi attentif à tous les autres était à mille lieux d'imaginer chose pareille, d'autant qu'il avait déjà accompagné sur cet itinéraire par le Pas de la Reine des randonneurs toulonnais (Marmotte comprise !) de leur petit groupe baptisé Randos-Intuitives, (tiens, tiens !), depuis leur camp de base à Ceillac au cours de l'une de leurs nombreuses semaines alpines bien avant d'avoir à se frotter au rugueux caractère de certains Hauts-Alpins. Alors qu'il s'agissait tout simplement pour lui de nous faire découvrir cette sauvage et spectaculaire crête offrant un panorama à couper le souffle sans égal sur les Prés de Tronchet en particulier et sur tout le vallon de Tronchet en général, sauf pour les quelques rares qui ont les moyens d'accéder au sommet du Rocher de l'Eissassa et
encore ?! du fait de l'absolue verticalité de sa falaise. Initiative qui nous avait bien plu, la preuve sur
Pacou-Randos !
Et de me charrier en :
- Hélène, la prochaine fois, nous remonterons par là pour redescendre par le couloir Sud afin de boucler au plus court !
- c'est ça ! moque toi ! alors que ce matin, si je n'avais pas insisté, tu serais retourné te coucher !
En conclusion : malgré le gros coup de chaud en remontant au Col Tronchet, nous avons été particulièrement satisfaits de cette randonnée, une de plus.
Nota Béné :
Même si la
carte de chaleur de STRAVA prouve que la crête Sud-Ouest de la Tête de Girardin n'est pas bien fréquentée, nous avons trouvé son parcours en suivant de multiples sentes à moutons techniquement très facile et d'un grand intérêt touristique dont il serait dommage de se priver.
b]Autres articles trouvés sur Internet :
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