L'Aiguille Large, point culminant de cette longue chevauchée entre ciel et terre sur cette insolite succession de crêtes suivant un agencement entièrement improvisé sur le terrain chemin faisant par l'Ours qui
"à y être" veut toujours en voir un maximum tout en essayant de minimiser le dénivelé, à partir de la trace de son
projet étroitement inspiré de l'
article correspondant trouvé sur le blog de notre ami Pascal qui nous y a largement devancés.
Article précis, très détaillé et merveilleusement illustré qu'il serait dommage, voire prétentieux de plagier, raison pour laquelle nous nous limiterons à ce compte rendu à titre informatif au cas où certains de nos visiteurs souhaiteraient nous imiter, voire faire beaucoup plus et mieux face aux nombreuses variantes possibles.
Alors à vous d'apprécier ou ridiculiser nos choix pour cette trace à la sauce pigmentée à l'ail des Ours.
C'est dès le Lac et la cabane de berger (et non la Bergerie comme indiquée sur l'IGN !?) que l'envie de variantes a commencé à sérieusement titiller les neurones du vieil Ours qui se pose toujours mille questions :
- pourquoi ne pas poursuivre par ce beau balcon semi-herbeux quasi linéaire qui file sous les falaises jusqu'au plus profond de la branche Sud-Est de ce Vallon, pour ensuite rejoindre le plus naturellement du monde le collet au Sud-Est de la cote 2773m sur la crête Sud-Ouest des Lacs Supérieurs de Marinet et ainsi profiter d'un bon raccourci ?
- raccourci certes ! mais comment est la partie cachée de ce vallon ? si c'est pour se payer la remontée d'un interminable pierrier, le nez contre la pente, non merci ! d'autant que ça nous priverait de la deuxième partie haute du Vallon de Chillol qui est sûrement très intéressant en amont de sa splendide étroiture au pied de son Aiguille (de Chillol) des plus colorées.
Mais comme on ne se refait pas, dès cette dernière franchie, il était à peu près certain que nous n'allions pas sagement remonter le fond du vallon jusqu'à son Pas Sud en nous privant des panoramas offerts par la débonnaire crête de sa rive gauche avec une intéressante diagonale pour passer par le balcon de la massive pointe rocheuse cotée 2699m, en imaginant une continuité naturelle par le singulier corridor entre les 2 aiguilles rocheuses de la cote 2827m. Sauf qu'arrivés au milieu de ce qui du bas paraissait pouvoir être un tranquille passage dans le talweg, s'est avéré être un pierrier croulant probablement assez pénible à franchir, bien que discrètement cairné. Alors nous n'avons pas hésité à passer plus au Sud en franchissant avec précaution une petite barre rocheuse par quelques vires en gradin très gravillonneuses, pour poursuivre en remontant la base rocheuse de l'aiguille et en traversant dès que possible un court pierrier de manière à rejoindre au mieux le fameux collet coté 2773m et enfin poursuivre sur cette splendide crête en amont des Lacs Supérieurs de Marinet où nous nous sommes empressés de faire notre pause ravitaillement, m'offrant la description détaillée de la suite du programme :
- descendre jusqu'au collet Sud-Est des Lacs,
- monter sur la crête d'en face de manière à voir de près ce qui reste du lac glaciaire et le grand lac des Lacs de Marinet et toutes les circonvolutions pierreuses du Glacier homonyme,
- passer par la rive droite du lac Nord et par une traversée légèrement ascendante rejoindre le collet de l'Aiguille Large,
- si tu en as encore les jambes, grimper directement par la diagonale herbeuse rejoignant l'arête Sud-Est de la dite aiguille de manière à en effectuer la traversée pour en redescendre par le sentier si nous ne trouvons pas une solution élégante et plus directe pour rejoindre le bas de l'Aiguille Pierre André.
- beau programme, nous pouvons y aller !
Excellente variante s'il en est, je ne regrette vraiment pas le petit effort supplémentaire pour passer par cette crête rocheuse en définitive assez anodine mais d'un grand intérêt géographique, même s'il peut paraître très relatif à tous ceux qui passent par le sommet de l'Aiguille Large pour laquelle, arrivée au collet avec les jambes un peu lourdes, j'ai opté pour la grimpette par le sentier, ce qui a offert à l'Ours tout le loisir nécessaire pour passer voir de plus près depuis le haut la faisabilité de sa descente au plus court et ne l'a pas empêché d'effectuer en aller-retour l'arête convoitée.
Certes, il convient de prendre quelques précautions pour descendre l'escalier de la crête Est de l'Aiguille Large mais, le rocher y étant excellent et les vires confortables, c'est plus impressionnant que difficile, la preuve j'y suis passée sans râler, c'est dire !
La suite de l'itinéraire est évident pour rejoindre au mieux le pied de la célébrissime Aiguille Pierre André et d'en contourner le bas au ras de son extraordinaire rocher, s'en suit l'inévitable traversée de son pierrier Nord dont nous avons choisi d'ignorer la ligne de cairns pour opter pour la solution la plus courte malgré la taille des blocs à franchir et retrouver au plus tôt la pelouse. Après coup, nous pensons qu'il est probablement plus raisonnable de rester sur la ligne de cairns, voire poursuivre tout le long au plus près des rochers par des vires à chamois.
Reste qu'arrivés au Col de Miéjour :
- regarde, Hélène, cette superbe et facile crête qui mène à la Tête de Miéjour ! que penses-tu d'un final en apothéose en passant par là-bas en lieu et place de ce haut du Vallon de Teste où nous n'aurions plus qu'une vue limitée à une fraction de la chaîne de la rive droite de l'Ubaye, à savoir le massif de la Font Sancte; d'autant que si cette tête est ainsi nommée, c'est à coup sûr parce qu'elle sert de cadran solaire au duo Maurin-Maljasset, tout comme la Roche de Miéjour pour St-Paul-sur-Ubaye ?!
- au point où nous en sommes pourquoi pas, mais est-tu sûr que la descente sera sans mauvaise surprise !
- oui, puisqu'elle est entièrement visible d'ici et que bien qu'ayant un portion assez pentue, il y a du vert tout le temps donc probablement de bonnes mottes peut-être plus agréables à descendre que le sentier terreux du fond de vallon, et nous le rejoindrons le plus naturellement du monde au début du mélézin.
- alors on y va !
Et nous ne l'avons pas regretté ! mes aïeux, quel panorama époustouflant tout au long de son parcours ! véritable vue aérienne sur tout le prestigieux Vallon de Mary et de la Haute Ubaye jusqu'à la Tête des Toillies et le Bric de Rubren, 3340m, avec en face de nous, le Rocher de l'Eyssassa, la Tête de Girardin, les Pics Nord et Sud de la Font Sancte, le Panestrel, le Pic des Houerts et la Mortice Nord et Sud, souvenirs, souvenirs ! même si depuis le cairn sommital, 2689m, il faut bien s'avancer sur la crête Nord jusqu'à son antécime cotée 2659m (en aller-retour en l'absence d'une voile de parapente !) où trône un incroyable cairn faisant office d'aiguille pour cadran solaire depuis Maljasset !?
De retour au cairn sommital, effectivement, la descente de la longue crête Ouest est d'une facilité déconcertante, même si elle a mis à rude épreuve nos pauvres genoux.
Tout le reste est bien décrit dans l'article de Pascal, nous avons préféré le GR plutôt que le macadam de la route pour rejoindre le parking des Houerts depuis la Barge.