La Marmotte occupée ailleurs, l'Ours m'a demandé de choisir la destination de la randonnée du jour. Comme, mardi dernier, avec les amies que j'ai accompagnées de Réallon-Station à la Cabane de Corbières, nous avons été séduites par l'état de floraison des rhododendrons, me souvenant de la féérie induite en rive gauche du Vallon de la Baume en juillet
2020 et
2021, je lui ai répondu :
- j'aimerais bien retourner voir les rhododendrons du Vallon de la Baume en allant du côté du Lac Brun, mais c'est peut-être trop tôt pour ce secteur?
- non, ce doit être le bon moment si j'en juge par ceux que nous avons (la Marmotte et lui !) vus encore plus haut au Pic de Morgon mardi mais, pour bien en profiter, il serait préférable d'y passer en pleine lumière, donc l'après midi ! je vais regarder ce que je peux te proposer !
C'est ainsi que, comme de bien entendu, l'Ours ne faisant jamais les choses à moitié, il m'a proposé
le projet suivant qui, vous l'avez déjà compris, a abouti à la réalisation de cette trace parce qu'avec lui, même s'il a usé et abusé de toute sa compétence et de tous les moyens dont il dispose grâce à EditGPX (la Top 25 de Géoportail, les vues satellites, la colorisation des pentes à partir de 30°, l'angle de pente de la trace et les cartes de chaleur de STRAVA) pour l'élaborer, il est hors de question de s'astreindre au strict respect du suivi d'une trace théorique sur le terrain car, au moins par bonne visibilité, il ne cesse de répéter "en randonnée c'est toujours le terrain qui doit avoir le dernier mot !"
Même si pour ce cas précis je suis bien obligée d'avouer que sa principale entorse est de mon fait, l'amenant à passer par où il souhaitait sans oser me le proposer; flashback avec tout ce qu'il a de plus factuel :
En effet, arrivée au moment où nous aurions dû traverser pour rejoindre le collet en amont du Serre du Corbeau, retardé par la capture d'un de ses panoramiques, il m'interpelle au moment où je m'écarte pour moi aussi prendre une photo.
- attends avant de traverser pour qu'on regarde un peu mieux comment c'est au-dessus car, vu ta sainte horreur des traversées en dahu, ce serait peut-être mieux de continuer tout droit !?
- ah, ça oui ! il n'y a aucun doute que je préfère monter par la pente herbeuse de droite et rejoindre la crête que traverser !
- ça, c'est sûr et il y a longtemps que je le sais ! mais méfies-toi, vue de dessous, toutes les pentes paraissent abordables, même les surplombs ! je pense que c'est possible mais attention ce sera bien plus pentu que ce que nous venons de monter !
- si tu m'attends, pour que je te suive en passant bien où tu passes, je préfère continuer tout droit !
Une fois de plus il avait raison et, bien calée dans ses pas, nous sommes passés sans le moindre souci et sans s'exposer à de grands risques pour en définitive un agréable raccourci. La crête que nous avions déjà descendue en compagnie de Monique et Pascal en
juin 2018 rejointe, elle se grimpe encore plus facilement jusqu'au sommet de cette originale antécime d'altitude supérieure à celle de son mont, le célébrissime Mont Guillaume, 2550 m, qui est même souvent confondu avec son antécime Sud-Est, 2542 m, ornée de son encore plus célèbre Chapelle St-Guillaume, véritable totem d'Embrun en rivalité avec le Pic de Morgon et les Aiguilles de Chabrières pour l'Embrunais en général.
Desservis par la météo, nous nous y sommes retrouvés entourés de nuages par une température des plus fraîches ne nous invitant vraiment pas à la méditation alors, déjà sérieusement dépités par le désert floral de ce printemps de sècheresse extrême, nous avons rapidement poursuivi jusqu'au quasi-désastre du Lac Brun en phase avancée de dessèchement, vous n'aurez qu'à comparer les vues avec celles de juillet 2020 pour avoir une bonne idée de notre désappointement, et qui plus est en grelottant de froid pendant le pique-nique, un comble !
Heureusement que le temps que nous fassions le tour du haut du Vallon de la Baume jusqu'au Serre du Corbeau, le ciel et les températures s'étant nettement améliorés, la descente au milieu des rhododendrons en pleine floraison fut un véritable régal pour les yeux et une apothéose pour cette randonnée qui leur était exclusivement dédiée, nous faisant très vite oublier les désagréments antérieurs affrontés juste pour le maintien de notre entraînement.
Mission accomplie, c'est le coeur léger, que nous sommes revenus à Clot Bouffier par son agréable sentier, tout en balcon sur lequel il n'est quand même pas recommandé de s'endormir !