Ah ! la
Baie-St-Michel et la
Baie des Moulettes ou de Chanteloube, les deux célébrités incontestables du Lac de Serre-Ponçon même si celle de St-Michel, du fait de sa Chapelle sur sa petite île, vue depuis la N 94 doublée par la voie ferrée et de son accessibilité, surclasse de très loin la seconde.
En cette troisième période de confinement étendu aux 10km, Il m'aura juste suffi de demander à l'Ours qu'avec VisuGPX il me calcule les paramètres d'une randonnée allant de chez moi jusqu'à la Baie-St-Michel pour qu'hélico presto il nous propose cette randonnée qui m'évite tout le macadam et la fastidieuse piste le long de la voie ferrée, et tant pis si pour la Marmotte et lui, ils ont quelque peu débordé de leur cercle, puisque de toute la journée nous n'avons même pas rencontré 10 personnes, toujours à grande distance, bien que nous soyons vaccinés.
Tout comme chat échaudé craint l'eau froide, après notre Raid Gauloise du Riou Bourdoux, la Marmotte ayant émis le souhait de rester sur des pistes et autres sentiers balisés plus confortables, malgré un marnage à -14m de son maximum à 780m, l'Ours m'avait proposé de rester sur le sentier jusqu'au Port de Chorges, ne sachant pas si les pentes des 3 premières criques nous étaient accessibles sans risque et ce d'autant plus que désormais les courbes de niveau du lac ne sont plus disponibles sur Géoportail, alors qu'elles nous étaient bien utiles : encore de débiles économies de bout de chandelle qui nuisent à la sécurité de tous, à quand le premier bateau qui se plantera sur un haut fond ?! De là, la pente étant très douce nous suivrons le bord de l'eau en faisant le tour de la presqu'île de Rougon avant de rejoindre la Marmotte sur le sentier jusqu'aux Curattes car
la fois précédente, en sens inverse, nous n'avions pas pu franchir la très longue crique suivante au ras de l'eau que nous ne rejoindrions qu'à la crique suivante au Sud de la cote 803m avant la berge du Pra de l'Ase. Pour, de là, reprendre sans souci notre périple précédent au bord de l'eau jusqu'à l'aire de loisirs de Chanteloube (les Trémouilles sur l'IGN) où la Marmotte nous rejoindra pour le pique-nique.
Or, malgré mes craintes vivement exprimées, l'Ours s'est montré suffisamment confiant et assez persuasif pour me convaincre de tenter l'expérience, et je suis bien forcée d'avouer qu'il aurait été bien dommage d'y renoncer car, en cette période de relative sécheresse, le passage très spectaculaire et sans grand risque mérite bien ce long détour. Le reste, déjà parcouru, n'a pourtant rien perdu de son charme au point que nous n'avons pas hésité une seconde à en suivre tous les méandres offrant une incroyable palette de perspectives toutes aussi lumineuses et attrayantes les unes que les autres. Le tour de la presqu'île de l'île de "Robinson Crusoé" (appellation exclusive de l'Ours !) nous amenant, en exagérant un peu ! presque au milieu du lac ! offre à son long retour, suivant l'heure, de très beaux reflets des berges opposées.
Du coup, nous étions au rendez-vous avant la Marmotte qui a dû franchir un dénivelé cumulé bien supérieur au nôtre pour nous rejoindre, ce qui ne l'a pas empêchée d'y arriver suffisamment tôt pour que nous décidions d'avancer jusqu'au
Viaduc submergé en passant au plus près de l'eau, avant notre pique-nique sur les escaliers de l'école de voile.
Retour par le hameau de Chanteloube pour que la Marmotte fasse au moins une petite boucle et pour repasser par le sentier qui coupe les ravines de Ranguis et nous avait bien plu, avant son rebouclage au Serre de l'Aigle et le sentier en sens inverse jusqu'à la Plage de Rougon d'où, fort de notre expérience du matin, l'Ours l'a convaincue qu'il était très intéressant d'effectuer la variante du bord de l'eau.
Les pontons du Port de Chorges passés, à la vue des difficultés suivantes, il nous a même fait valoir qu'elles étaient nettement inférieures à la série de grands escaliers à remonter sur le sentier et ainsi, de fil en aiguille, nous sommes facilement arrivés aux pontons du Port de Prunières où la Marmotte a jugé bon de rejoindre le sentier.
J'ai suivi l'Ours jusqu'aux plus fortes pentes de la dernière grande crique à franchir, d'apparence plus délicates et quelque peu encombrées de cadavres d'arbres en travers d'où j'ai préféré faire demi-tour et rejoindre la Marmotte, invitée à la radio par l'Ours à m'attendre à la barrière d'entrée du camping. L'Ours en a alors profité pour passer à la vitesse supérieure et a poursuivi en franchissant en aller-retour les 2 autres criques suivantes, pour bénéficier d'une autre belle perspective et surtout d'une bien meilleure lumière sur la Chapelle St-Michel et sa petite île, avant de nous rejoindre sur le parking, heureux comme Dieu en France; il n'a eu de cesse tout au long de cette randonnée de me répéter : "tu as eu une riche idée de nous proposer ce bord du lac, avec une pareille lumière qu'est-ce que c'est beau !", donc acte.