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Au fil des siècles, sur les chemins du patrimoine alsacien et du Kochersberg

1. Fessenheim-le-Bas
Ancien village agricole du Kochersberg, situé à l'ouest de Strasbourg.
Son histoire est intimement liée à celle des villages ruraux alsaciens, dont la vie s'organisait autour de l'agriculture, de l'église et des grandes exploitations.
La région était déjà fréquentée durant l'Antiquité, notamment en raison de la proximité des voies romaines reliant Strasbourg à Saverne.
Le village a conservé plusieurs témoignages de son passé religieux et rural, notamment son église Saint-Martin, son cimetière, sa grotte de Lourdes et ses croix de chemin.
2. Église Saint-Martin de Fessenheim-le-Bas
L'église Saint-Martin est l'un des monuments les plus anciens du secteur.
Sa construction est traditionnellement datée entre 1001 et 1014. Elle est considérée comme la première église du Kochersberg à posséder une tour fortifiée.
Le clocher présente encore des éléments défensifs : meurtrières, pierres d'angle et canonnière.
Il aurait été édifié sur les fondations d'un ancien temple romain.
En 1715, la tour fut rehaussée et la nef agrandie. En 1821, la nef fut de nouveau allongée de 21 pieds.
Une horloge fut installée en 1857 par l'horloger strasbourgeois Schwilgué.
Un détail intéressant concerne l'organisation intérieure : l'ancienne nef sert aujourd'hui de chœur, tandis que l'ancienne partie du chœur se trouve sous la tour et accueille la sacristie.
Sur le fronton, saint Martin est représenté partageant son manteau avec un pauvre.
Cette scène rappelle la célèbre légende de saint Martin, qui aurait coupé son manteau en deux pour en donner une moitié à un mendiant.
3. Cimetière et grotte de Lourdes
Le cimetière de Fessenheim-le-Bas conserve plusieurs témoignages de la piété populaire alsacienne.
La grotte de Lourdes est particulièrement intéressante.
Elle fut construite par le maçon J.-B. Diebold, originaire de Nordheim, puis bénie le 11 juillet 1920.
Elle fut financée par la famille Lux-Weber, qui aurait fait construire la grotte en remerciement pour la protection reçue pendant la Première Guerre mondiale.
Il s'agit d'une reproduction de la grotte de Massabielle, à Lourdes, où Bernadette Soubirous aurait vu la Vierge Marie en 1858.
Le cimetière possède également un ancien calvaire communal datant de 1883, riche en symboles religieux : crâne d'Adam, serpent, échelle, marteau, clous et instruments de la Passion du Christ.
Ces éléments rappellent l'importance de la religion dans la vie quotidienne des familles alsaciennes au XIXe et au début du XXe siècle.
4. Croix à niche entre Fessenheim-le-Bas et Kuttolsheim
Cette croix appartient à la tradition des croix rurales alsaciennes.
Les croix de chemin étaient autrefois des repères religieux et géographiques.
Elles étaient placées à proximité des chemins et des carrefours, aux limites des propriétés et des territoires ou sur les itinéraires empruntés lors des processions.
La particularité d'une croix à niche est de posséder un petit renfoncement destiné à accueillir une représentation religieuse, une statuette ou une image pieuse.
Ces monuments étaient parfois érigés à la suite d'un vœu, d'une guérison, d'un accident ou en mémoire d'un événement familial.
Ils témoignent de la foi des habitants et de l'importance de la religion dans la vie rurale alsacienne.
5. Kuttolsheim : un village aux origines antiques
Kuttolsheim possède une histoire très ancienne.
Son importance remonte notamment à l'époque romaine. Le village se trouvait au croisement de plusieurs voies de communication, notamment l'axe reliant Strasbourg à Saverne et des routes secondaires venant de Lorraine et de la région de Hochfelden.
La VIIIe légion romaine, installée à Strasbourg à partir des années 70-80 après J.-C., aurait notamment participé au captage de la source de la Souffel.
Des découvertes archéologiques témoignent de cette occupation antique :
Des fragments de céramique romaine.
Des monnaies antiques.
Une petite tête de Jupiter découverte en 1913.
Des vestiges de bâtiments romains.
Au Moyen Âge, Kuttolsheim devient également un village fortifié. Des fortifications sont mentionnées en 1306.
Le village connaît ensuite une période de développement agricole et artisanal.
Au XIXe siècle, il compte 833 habitants en 1851.
6. Moulin de Kuttolsheim
L'histoire des moulins est étroitement liée à celle de la Souffel, la rivière qui prend sa source à Kuttolsheim.
Au XIXe siècle, la Souffel faisait fonctionner cinq moulins sur le territoire du ban communal :
Seemühle.
Müllerseppe.
Müllerlui.
Schulzmühle.
Mattenmühle.
Ces moulins avaient une importance économique considérable.
Ils permettaient notamment de transformer les céréales produites dans les terres agricoles du Kochersberg en farine.
Le moulin représentait un élément essentiel de la vie économique : les agriculteurs y apportaient leurs récoltes et le meunier jouait un rôle important dans la vie du village.
À cette époque, Kuttolsheim comptait également des huileries, des ateliers de tissage, des carrières de calcaire et des exploitations de gypse.
Il faut donc imaginer un village où l'agriculture et l'artisanat formaient un ensemble économique complémentaire.
7. Chapelle Sainte-Barbe de Kuttolsheim
La chapelle Sainte-Barbe est l'un des lieux les plus intéressants de Kuttolsheim.
Sa tour-chœur remonterait à la fin du XIIe ou au début du XIIIe siècle. La nef aurait été remaniée au début du XVIIIe siècle.
L'histoire ancienne de sa construction reste mal connue.
Selon la tradition locale, sainte Barbe aurait été décapitée devant l'autel de la chapelle. À l'endroit de son supplice, une source aurait jailli.
Cette source est sulfureuse et possède une particularité remarquable : son eau ne gèle pas, même en hiver.
La chapelle est également associée à une ancienne tradition de dévotion populaire.
Sainte Barbe est la patronne des pompiers, des mineurs et de plusieurs professions exposées au danger du feu.
Chaque année, les pompiers du canton de Truchtersheim viennent honorer leur sainte patronne.
À l'intérieur, on peut également découvrir :
Une clé de voûte de style gothique primitif.
Une pierre tombale encastrée dans le mur, portant la date du 5 janvier 1672.
Un autel consacré à saint Joseph, daté de 1722.
Plusieurs vitraux offerts par des habitants du village.
La chapelle est inscrite au titre des monuments historiques depuis le 16 juillet 1987.
8. Schwefelsee : le lac sulfureux
Le Schwefelsee, littéralement le « lac de soufre », est directement lié à la source sulfureuse située sous la chapelle Sainte-Barbe.
Ce lieu possède une particularité géologique et historique.
L'eau sulfureuse jaillit à une température relativement constante, autour de 12 à 14 °C selon les descriptions locales. Elle ne gèle donc pas en hiver.
La source alimente en partie le lac et contribue à l'origine de la Souffel.
Les Romains connaissaient les propriétés de nombreuses sources minérales et sulfureuses.
À Kuttolsheim, des vestiges de céramique romaine retrouvés près de la source suggèrent qu'un lieu de culte antique aurait précédé la chapelle chrétienne.
Il est donc possible que cette source ait été fréquentée bien avant la construction de Sainte-Barbe.
Les traditions populaires attribuaient à cette eau des vertus contre les maladies de peau et les rhumatismes.
Ces propriétés médicinales relèvent cependant de croyances anciennes.
Le Schwefelsee est ainsi un lieu où se rencontrent géologie, histoire romaine et traditions religieuses.
9. Croix Im Legert
La croix Im Legert fait partie du petit patrimoine religieux rural de Kuttolsheim.
Son nom fait référence à un lieu-dit ou à une désignation cadastrale locale.
Comme beaucoup de croix alsaciennes, elle s'inscrit dans une tradition de christianisation des paysages agricoles.
Les croix rurales avaient plusieurs fonctions :
Marquer la présence chrétienne dans les campagnes.
Protéger symboliquement les récoltes et les habitants.
Servir de lieu de prière.
Rappeler le souvenir d'une personne ou d'une famille.
Les croix étaient également des étapes lors de certaines processions religieuses.
Cette croix témoigne de l'attachement des habitants à leurs traditions religieuses et à leur patrimoine rural.
La date de construction et l'identité de son commanditaire restent à préciser.
10. Église Saint-Jacques-le-Majeur de Kuttolsheim
Cette église possède une histoire médiévale particulièrement intéressante.
Elle est située au nord-est du village, légèrement à l'écart du centre.
La tour romane date du XIIe siècle. Sa construction est attribuée à l'architecte Bernach et serait intervenue vers 1125-1130.
Cette tour est remarquable et classée monument historique depuis le 3 juillet 1900.
À l'origine, le rez-de-chaussée de la tour formait le chœur de l'église.
La nef et le chœur ont connu plusieurs reconstructions.
L'édifice précédent ayant été détruit par un incendie, les travaux de reconstruction de l'église actuelle ont commencé en 1865.
L'inauguration eut lieu en 1868.
Le dernier niveau de la tour date également de cette période.
L'église possède aujourd'hui :
Une vaste nef unique.
Un chœur polygonal.
Un clocher mêlant des éléments romans et baroques.
Un mobilier baroque provenant notamment de l'ancienne église Saint-Georges de Haguenau.
Un autre élément mérite d'être souligné : Kuttolsheim est une étape du pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle.
L'église témoigne ainsi de l'importance des chemins de pèlerinage dans l'histoire religieuse alsacienne.
11. Chapelle Sainte-Marguerite de Himmolsheim
La chapelle Sainte-Marguerite est probablement le site le plus émouvant de votre parcours.
Elle se trouve à proximité de Fessenheim-le-Bas, dans un environnement aujourd'hui essentiellement agricole.
Autrefois, cet endroit était occupé par un petit village : Himmolsheim.
Le village disparu de Himmolsheim
Himmolsheim était un petit hameau médiéval qui aurait compté une dizaine de maisons.
La chapelle Sainte-Marguerite était son église paroissiale.
Le village a disparu au Moyen Âge, probablement au début du XVe siècle.
Les causes exactes de sa disparition ne sont pas totalement établies. Certaines hypothèses évoquent des épidémies, notamment la peste ou la typhoïde.
Une tradition locale attribue sa destruction aux Suédois pendant la guerre de Trente Ans, mais cette explication est considérée comme peu vraisemblable par certains historiens.
Une chapelle romane du XIIe siècle
La chapelle date de la fin du XIIe siècle et du début du XIIIe siècle.
Elle conserve plusieurs caractéristiques remarquables :
Une tour romane massive à deux étages.
Un toit à deux pans.
Un arc de chœur en plein cintre.
Une nef remaniée au XVIIe siècle.
Un autel en pierre.
Elle est inscrite aux monuments historiques depuis le 18 décembre 1968.
Le pèlerinage et la source miraculeuse
La chapelle est dédiée à sainte Marguerite.
Une ancienne source se trouvait à proximité immédiate de l'édifice. Son eau était autrefois considérée comme possédant des vertus curatives.
Les habitants venaient notamment s'y laver les yeux et la peau.
La margelle de cette source a été déplacée de l'autre côté du chemin.
Un pèlerinage en l'honneur de sainte Marguerite se déroule traditionnellement à la fin du mois de juillet.
Le calvaire de 1777
À droite de l'entrée se trouve un calvaire particulièrement touchant.
Il fut offert par Jean Luttmann en 1777, à la suite de la mort accidentelle de son enfant.
Une inscription en allemand exprime la douleur d'un père qui invite les passants à réfléchir à sa souffrance.
On peut en traduire le sens ainsi :
« Ô vous tous qui passez par ici, pensez-vous qu'il existe une douleur comparable à la mienne ? »
Au pied de la croix, Marie est représentée effondrée de douleur.
Ce monument constitue un témoignage poignant de la piété familiale et de l'art religieux alsacien du XVIIIe siècle.

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chemins du Kochersberg 1/4 : Fessenheim le Bas
2.3 km
chemins du Kochersberg 2/4 : Chemin de croix
1.4 km
chemins du Kochersberg 3/4 : Kuttolsheim
3 km · +25m
chemins du Kochersberg 4/4 : Chapelle Sainte Marguerite Himmolsheim
4.7 km · +26m

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