Les remparts de Obernai :
Constituent l’un des ensembles fortifiés médiévaux les mieux conservés d’Alsace. Leur histoire est étroitement liée au développement de la ville au Moyen Âge.
Vers 1240, Obernai obtient le statut de ville impériale sous les Hohenstaufen. Ce nouveau statut permet à la cité de construire ses premières fortifications afin de protéger la population, les marchés et les activités commerciales. Une première enceinte en pierre aurait été édifiée autour de 1275-1280.
Après les destructions liées aux conflits régionaux du XIIIe siècle, notamment l’incendie de la ville en 1262, les défenses sont renforcées. Une seconde enceinte concentrique est construite à partir de 1298, créant un système défensif particulièrement impressionnant pour l’époque.
Aux XIVe et XVe siècles, les remparts sont agrandis pour inclure les faubourgs. La ville devient en 1354 membre de la Décapole, l’alliance des dix villes impériales d’Alsace, ce qui renforce encore son importance stratégique et économique.
Les fortifications comprennent alors :
une double enceinte,
des fossés alimentés par l’Ehn,
des tours de défense,
des bastions adaptés à l’artillerie,
et douze portes fortifiées.
Aux XVIe et XVIIe siècles, les remparts sont modernisés pour résister aux progrès de l’artillerie. Malgré cela, les guerres de la Guerre de Trente Ans causent des dégâts importants. Après l’annexion de l’Alsace par la France sous Louis XIV, les fortifications perdent progressivement leur rôle militaire.
À partir du XVIIIe siècle et surtout au XIXe siècle, plusieurs portes sont démolies afin de faciliter la circulation et l’urbanisation. Cependant, une grande partie des murailles et de nombreuses tours subsistent encore aujourd’hui. Les remparts sont classés monument historique depuis 1898.
Actuellement, environ 1,5 km de remparts sont conservés. Ils entourent encore le centre historique d’Obernai et constituent une promenade emblématique offrant une vue sur les maisons médiévales, les vignobles et le Mont Sainte-Odile.