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Rando Trail Pic de Malcaras, Pic de l'étang Fourcat et Pic de Tristagne

1er août 2021
Par Christophe.Arguel

Présentation du parcours

Le parcours débute peu après Artiès, petit hameau au dessus d'Auzat dans l'Ariège.
La trace que j'ai prévue de suivre est la suivante :
Le parcours débute à 1140m d'altitude et rejoint l'étang d'Izourt, puis continue jusqu'à l'étang Fourcat avant d'atteindre le premier sommet de la journée, le pic Malcaras (2865m).

Il se poursuit ensuite par la descente vers la vallée adjacente à l'ouest, à proximité de l'étang de Soulcem, puis une remontée dans le sens contraire afin d'atteindre le deuxième sommet, le pic de l'étang Fourcat (2859m).
La suite consiste à suivre la ligne de crête, qui fait office de frontière avec l'Andorre, jusqu'à atteindre le troisième sommet, le pic Tristagne (2878m).

Le retour se fait en redescendant tout d'abord vers l'Andorre puis par une dernière ascension jusqu'au port de l'Albeille (2601m) afin de rebasculer côté français et poursuivre l'itinéraire jusqu'à revenir à l'étang d'Izourt et terminer ce périple en rejoignant le point de départ.

C'est parti pour l'aventure

Ce matin, le temps est couvert et frais, mais la météo n'annonce pas de pluie avant 18h.

Le sentier commence par une montée progressive à travers la forêt, idéale pour se mettre en jambe. Les sensations sont plutôt bonnes ce matin et j'arrive rapidement au pied de l'imposant barrage de l'étang d'Izourt.
Après une courte montée de quelques dizaines de mettre au dessus de l'étang pour contourner un massif rocheux, le tracé me fait redescendre quasiment au niveau de l'étendue d'eau. C'est l'occasion de croiser un pêcheur, que j'interrompt dans son activité juste l'instant d'un bonjour.

Je poursuis ainsi le long de la berge qui m'amène à l'extrémité opposée, où se déversent plusieurs cascades impressionnantes.
Ces 5 premiers kilomètres et les 500 premiers mètres de dénivelé auront été avalés en une petite heure. Désormais, il va falloir grimper en suivant un étroit sentier à travers une végétation fournie. Le balisage laisse à désirer, mais le tracé que j'ai chargé sur ma montre me permet de ne pas me perdre lorsque à certains endroits, l'eau est sortie du lit des torrents. Il a en effet beaucoup plu ces derniers jours.

Lors de cette montée, je croise à plusieurs reprises des randonneurs qui ont certainement passé leur nuit au refuge du Fourcat. L'un d'eux me raconte que la veille il a essuyé la grêle et que ce matin les hauteurs étaient bouchées par le brouillard. Mais il m'en faut plus pour me décourager.

Après avoir gravi 300m de dénivelé en à peine un kilomètre, j'atteins un plateau à 2000m d'altitude, baigné par les torrents. Un panneau indique que 2 heures sont encore nécessaires pour rejoindre le refuge. Tout au loin et en contrebas, on devine l'étang d'Izourt. Je ne le reverrai que bien plus tard, en fin d'après midi.

Progression jusqu'à l'étang Fourcat

Après un court répit, je m'engage sur un sentier de pierres qui semble avoir été taillé dans la roche. Je monte ainsi en serpentant le long du flanc de la montagne. Au détour d'un virage, j'entends tout à coup le grondement sourd d'une cascade, quelques secondes à peine avant de pouvoir l'admirer de toute sa splendeur.
Après avoir atteint un nouveau plateau et passé le petit étang Fourcat perdu dans le brouillard, j'arrive au bord de l'étang Fourcat à proximité du refuge de même nom. Cela fait désormais 2h15 que j'ai débuté mon escapade. J'ai parcouru 9km et gravi 1300m de dénivelé.

Malgré quelques brumes persistantes, les rayons du soleil commencent à réchauffer l'atmosphère. Ils me permettent d'apprécier un peu mieux cette superbe étendue d'eau dans laquelle se reflètent les sommets que je vais atteindre un peu plus tard. Du moins je l'espère.

L'ascension du pic Malcaras

Après une courte pause, il est temps de repartir. A 2500m d'altitude, je quitte le monde végétal pour rentrer dans celui du minéral. Une ascension à travers un chaos de gros rochers se présente devant moi. Malgré la pente raide, je profite du spectacle qu'offre en contre bas le contraste de la couleur de l'étang avec le reste du paysage. Les quelques résidus de brume qui flottent à sa surface évoquent un bassin d'eau chaude et participent à cette ambiance surréaliste.

Malheureusement, en poursuivant mon chemin, un banc de nuages va rapidement effacer ce sublime spectacle.
Durant cette montée, j'entends les sifflements des marmottes qui alertent de ma présence. Et j'ai même la chance de surprendre l'une d'elles, qui est restée figée à mon apparition.
Lors de ma progression dans ce champ de roches, un brouillard léger fait parfois son apparition. Il ne m’empêche pas toutefois de distinguer les contours de l'étang de la Oussade.

Cette montée est tout de même éprouvante. Il faut régulièrement s'aider des mains pour se frayer un chemin parmi les gros rochers.
Après quelques centaines de mètres, je sors du pierrier pour continuer sur une pente encore plus raide. On devine le col de la Oussade qui n'est plus qu'à quelques pas, mais la progression est lente et là encore les mains sont d'une aide appréciable si ce n'est indispensable. En me retournant, je peux observer ce désert de pierres que je viens de franchir. Mon effort n'en est que mieux récompensé.
Enfin, j'atteins le col de la Oussade à 2738m. Je constate que de l'autre côté, le fond de la vallée, vers lequel je vais plonger tout à l'heure, est bouché par un épais brouillard. En tournant le regard sur ma droite, je vois se dresser le majestueux pic Malcaras. Il ne me reste que quelques centaines de mètres pour atteindre son sommet.
Ca y est, après 3 heures 15 d'effort, 11 km parcourus et 1700 m de dénivelé gravis, me voilà en haut du pic Malcaras. Un panorama à 360° s'offre à mes yeux. Les nuages nombreux tout autour de moi semblent faire une danse virevoltante avec les sommets voisins. Le temps d'un court instant, je peux voir à l'ouest la Pique d'Estats, qui tente tant bien que mal de sortir la tête de cet océan blanc, prenant une dernière bouffée d'oxygène avant de se noyer définitivement. C'est grandiose.

Plongeon vers la vallée de l'étang de Soulcem et ascension du pic de l'étang Fourcat

Je resterais bien là à contempler ce spectacle féérique, mais l'heure tourne et je dois reprendre la marche. Après un rapide ravitaillement, je redescends vers le col de la Oussade, puis je prends la direction vers l'ouest afin de plonger vers vallée de l'étang de Soulcem.

A l'exception de quelques kerns sur les premiers hectomètres de la descente, le fléchage disparait au fur et à mesure que je m'enfonce dans la vallée. Heureusement, je dispose de la trace sur ma montre pour confirmer que je suis bien toujours sur la bonne voie. C'est d'autant plus appréciable, qu'il n'y a désormais plus de sentiers. Je navigue le long d'un torrent, enjambant parfois les rhododendrons qui parsèment la descente. Ce n'est qu'une fois ma randonnée terminée que je comprendrai que c'est le torrent qui avait pris possession du sentier. Comme je l'ai dit plus haut, il a beaucoup plu ces derniers jours.

Le brouillard refait parfois son apparition. De temps en temps, il me laisse un peu de répit en me permettant d'observer le fond de la vallée. Je vois une route et une camionnette garée tout en bas. C'est rassurant, la civilisation n'est pas très loin. 
Je sais que cette descente va se terminer par une longue courbe sur ma gauche à presque 180° afin de remonter vers le pic de l'étang Fourcat.
Je jette ainsi régulièrement un regard sur ma gauche pour tenter de visualiser la voie par laquelle va se faire cette ascension. A part une interminable coulée de pierres, qui coïncide étrangement avec la trace affichée sur ma montre, je ne vois pas d'autres issues potentielles. Une petite pointe d'inquiétude se manifeste dans ma tête : vais je réellement devoir emprunter cette voie ?  
Déjà 700 mètres de dénivelé négatif dévalés. Il n'y a plus de doute, c'est bien le chaos de pierres qui sera l'unique voie possible pour remonter. Je décide de couper sans plus attendre ma descente, prendre sur ma gauche et rejoindre au plus tôt cette cicatrice de roches qui semble avoir été taillée par le dieu de la montagne lui même.
Une fois atteint le début du couloir de pierres, je démarre l'ascension. La pente est raide mais pour l'instant le chemin reste praticable. Il y a encore un peu de terre où poser le pied pour avoir un appui plus stable et économe en énergie.

A peine quelques mètres au dessus de moi, le plafond nuageux m'empêche d'apprécier la distance qui me sépare du sommet.
Je grimpe péniblement le long de cette coulée de roches tel un enfant qui remonte un toboggan. Sauf que dans mon cas, c'est un toboggan conçu pour un géant ! C'est bien simple, on ne pouvait pas faire plus direct pour atteindre le haut. Pour me motiver, je me dis que je m'engage sur l'autoroute du pic de l'étang Fourcat et qu'aujourd'hui j'ai de la chance, c'est gratuit.

Pour couronner le tout, je finis par évoluer dans un complet brouillard. Il me faudra presque une heure pour en sortir. Durant ce laps de temps, la coulée de roches qui me servait de guide pour assurer ma progression, a fait place à un véritable chaos minéral qui s'étend sur tout le flanc de la montagne.

J'en profite pour faire une pause méritée et m'alimenter afin de retrouver des forces pour terminer cette ascension. En bas, le fond de la vallée est noyée sous l'épais brouillard. Au dessus de ma tête, je peux enfin voir la crête qui marque la frontière entre la terre et le ciel.
Avant de repartir, je jette un œil à ma montre. Mauvaise nouvelle, j'ai parcouru à peine la moitié  de la distance prévue, et il ne me reste que 40% de batterie. Cela fait une éternité que je n'ai pas vu de signalisation. Si ma montre me lâche, je ne suis pas sûr de pouvoir revenir au départ, à moins de repartir en sens inverse.

Je ne perds pas de temps et me relance à l'assaut du pic. Au moins, avec l'arrivée du soleil, je sais désormais que ce calvaire a une fin. Mais ces derniers hectomètres sont les plus éprouvants. J'enchaîne des passages avec d'énormes blocs rocheux, parfois instables, qu'il faut agripper délicatement pour ne pas les faire basculer, et des passages de tous petits cailloux qui roulent sous mes pieds tels des billes et qui lorsque j'avance d'un pas me font reculer de deux. Cette montée est diabolique.

Après plus d'une heure trente d'intense effort, j'arrive enfin au bout de cette ascension de 700 m de dénivelé pour moins de 1,5 km de distance. Petite déception, j'ai raté la voie qui m'aurait permis d'atteindre le sommet du pic de l'étang Fourcat. Mon point de jonction de la crête se situe quelques dizaines de mètres en dessous du pic. Je n'ai pas le courage de gravir ce qu'il manque. Je me console en admirant le panorama qui s'offre à moi.

Sur ma gauche donc, le pic de l'étang Fourcat qui relie de part et d'autre deux crêtes formant un angle droit. Dans la continuité de la crête adjacente, on aperçoit le faux pic de l'étang Fourcat. Enfin, en contrebas dans le vallon, on peut admirer de nombreux petits étangs.
Je poursuis donc mon chemin en suivant la crête adjacente afin de rejoindre le faux pic de l'étang Fourcat. Il est très proche de son grand frère et il ne me faut que quelques minutes pour l'atteindre. Ce faux pic se situe au premier quart de la longue crête qui va du pic de l'Etang Fourcat jusqu'au pic de Tristagne. Depuis le faux pic, part également à 90 degrès de la crête principale, une autre crête qui descend progressivement dans le vallon. La frontière entre la France et l'Andorre est précisément délimitée par l'angle droit formé par ces deux crêtes.
L'arrivée au faux pic me permet d'admirer de nouveaux étangs un peu plus bas dans la vallée andorrane, dont le bleu turquoise détonne avec le reste du paysage. On distingue également tout au fond, les pistes de ski de la station Ordino-Arcalis.

Avant de poursuivre, je jette un dernier regard derrière moi, à destination du grand pic de l'étang Fourcat. Les nuages sont de retour, il ne faut pas trainer.

Changement de progamme

Ma prochaine étape aurait dû être le pic Tristagne. Malheureusement, depuis que j'ai rejoint la crête, le Tristagne est constamment caché derrière un épais brouillard. Impossible donc d'apprécier la distance, le dénivelé et la difficulté restants pour l'atteindre.

Autre point problématique, il n'y a aucune signalisation pour me guider en toute sécurité. L'accès au Tristagne consiste à longer la crête en descendant puis remontant parfois de quelques mètres pour contourner les passages inaccessibles au simple randonneur.

Et comble de malchance, ma montre n'affiche désormais que 20% de batterie restante. Sans ma montre fonctionnelle et en l'absence d'une signalisation claire, j'ai bien peur de devoir passer la nuit dans la montagne.

Que faire ?

J'opte pour la prudence. Je me résigne à ne pas monter jusqu'au pic Tristagne et décide de couper court. Je distingue au loin dans la vallée, légèrement au dessus des étangs, un sentier qui semble coïncider avec le chemin du retour indiqué sur ma montre. Ce sera mon point focal pour me guider dans la descente.

Après avoir dévalé une centaine de mètres dans une pente raide parsemée de quelques barres rocheuses, je rejoins par chance le sentier que j'aurais dû emprunter pour redescendre du Tristagne. Et point encore plus positif, il dispose d'un marquage au sol. J'en profite pour stopper le suivi d'activité sur ma montre afin d'économiser l'énergie restante.

Je finis par me retrouver quelques dizaines de mètres au dessus de l'étang principal. Le sentier change alors de cap, pour prendre la direction nord-est et me ramener vers la France.

Le port de l'Albeille

Le temps se gâte. Le brouillard commence à reprendre possession du territoire et une fine pluie se fait sentir. J'enfile mon imperméable et coiffe ma tête d'un buff afin de rester autant que possible au sec et au chaud. Ils ne me quitteront plus jusqu'à la fin de mon périple.

Il est environ 17h, et en raison de l'épais brouillard qui a désormais tout envahi, j'ai l'impression d'être à la tombée de la nuit. Il me reste encore plus de 8km à parcourir.
Le brouillard me joue des tours. A travers cette épaisse brume, il me semble voir se dresser devant moi un nouveau massif. Lors de la préparation de mon itinéraire, je n'avais pas noter de nouvelle ascension une fois le Tristagne passé. Je suis déjà bien fatigué par le parcours accompli, et l'idée de devoir effectuer une nouvelle grimpette ne m'enchante guère. Je croise les doigts pour que le sentier prenne une autre direction.

Mes espoirs auront été vite douchés, d'autant plus que la pluie a redoublé. Il va bien falloir passer ce massif. Ce n'est qu'après mon arrivée (car oui je vous rassure, je vais bien finir par arriver), en analysant plus précisément le parcours réalisé, que je vais comprendre que cette dernière montée permet de passer le port de l'Albeille (2601m), soit 200m de dénivelé positif à gravir. Mes jambes apprécient !

Je repars donc pour une nouvelle ascension dont je ne vois pas le bout en raison du brouillard.
Heureusement, cette partie du sentier est parfaitement balisée, aucun risque de s'égarer.

La descente

Une fois le port d'Albeille passé, la suite est une longue descente à travers la pluie et le brouillard. A un moment où la pente est plus douce, je passe à proximité de la cabane d'un berger, dont je perçois la voix qui murmure quelques mots à son chien. C'est rassurant de savoir que je ne suis pas tout seul dans cet océan de brume.

Je poursuis ma descente. Certains passages, raides et caillouteux, ont été rendus très glissants par la pluie. Ma progression est quelque peu ralentie. Impossible de courir dans ces passages, je prends mon mal en patience.

Après 4 bons kilomètres à naviguer dans ce brouillard, sans trop percevoir ce qui m'entoure, à l'exception de quelques étangs que j'aurais certainement apprécié de contempler si le soleil avait été de la partie, je vois surgir tout en bas l'étang d'Izourt.
Je reviens en terrain connu. Le sentier devient moins raide et les cailloux font place à de la terre, boueuse certes, mais mes chaussures apprécient. Je vais pouvoir accélérer et parcourir les 3 derniers kilomètres en moins de 30 minutes.

Enfin j'arrive au bout de cette aventure. 11 heures se sont écoulées depuis le départ matinal, 27 km ont été parcourus et 2700m de dénivelé gravis.

Sur le coup, la fatigue m'empêche d'apprécier pleinement le circuit que je viens d'accomplir.
Les infidélités que j'ai faites au parcours prévu initialement, le mauvais temps, les inquiétudes provoquées par la consommation rapide de la batterie de ma montre contribuent également à ternir le bilan à chaud de cette randonnée.

Mais aujourd'hui, en retraçant le récit de cette aventure et en revoyant les photos de ce périple, je me dis que j'ai passé une excellente journée et que je suis très heureux de pouvoir vous la partager !
Voici le tracé et le profil finalement réalisé. Les lignes droites correspondent aux périodes durant lesquelles le suivi d'activité a été stoppé sur ma montre.
Commentaires
Par Angstrom le 19.08.21 14:06
Oui, c'est chouette ce coin des Pyrénées.
Merci pour ce récit.
Par leccio1 le 10.08.21 19:03
Grazie
Par Admin le 07.08.21 21:19
Merci pour ce premier compte rendu, bien mis en image et agréable à lire. Une belle journée en montagne !
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